Petit pays de Gaël Faye, simplement sublime

Petit pays de Gaël Faye, simplement sublime

Petit pays, j’en avais entendu parler il y a deux ans et je suis passé à côté. Comment est-ce possible ! Même Yann Moix en a dit du bien : « Ce livre est dans la sphère de l’incritiquable » avait déclaré le chroniqueur le plus aimé du PAF. Bien d’accord avec lui sur ce point. Voici ma modeste chronique sur ce livre sublime.

Que cherchons-nous dans un livre ? Des émotions, des sensations, du rêve, une histoire, de la culture… De rares ouvrages exaucent toutes ces demandes. Lecteur exigeant, peu m’émeuvent, m’accrochent au point d’oublier de manger ou de me hanter la nuit. Et pourtant, ce miracle, Petit Pays l’a réalisé.

Si vous ne connaissez l’Afrique que par le prisme des médias ou des préjugés, je vous conseille de lire ce roman. Durant toute la première partie, vous apprendrez véritablement ce qu’est ce continent, les us et coutumes de ses habitants ainsi que leurs mentalités.

Une enfance heureuse

Gaby est un enfant de père français et de mère rwandaise. Cette dernière a quitté son pays en 1963 lors d’un premier massacre pour se réfugier au Burundi. On suit donc l’enfant dans son quotidien avec sa sœur Ana, une enfance heureuse où l’on suit la petite bande faire les 400 coup, par exemple aller voler des mangues chez les voisins. Ombre cependant au tableau, ses parents se disputent de plus en plus et le spectre de la guerre s’approche.
Particulièrement intéressant, les thèmes de l’identité et de l’exil sont mis en avant. Une lecture qui serait bien utile à certains de nos politiques. Ecrit simplement, mais bien écrit, on avance rapidement dans la lecture de cet ouvrage sans s’ennuyer une seconde.

Une descente en enfer

Et puis, petit à petit, quelque chose monte insidieusement de cet ouvrage, comme le goût du sang. Des indices épars s’accumulent. L’ambiance se dégrade, l’enfant au milieu de tout ça ne comprend pas pourquoi des gens qu’ils voient comme égaux se divisent pour une histoire de pseudo-ethnie, les hutus et les tutsis. Cet aspect a fait particulièrement résonance en moi étant donné que, pour ceux qui ne le savent pas, l’action de mon dernier roman se passe au Rwanda. J’y rappelle l’Histoire des colons Belges et Allemands qui ont eux-même instillé cette idée et instrumentalisé cette situation. Fin de l’aparté, j’ai apprécié la subtilité avec laquelle les choses ont été raconté par Gaël Faye, certains ont appelé ça de la naïveté, jugement avec lequel je ne suis pas d’accord.

L’indicible se trouve dans la dernière partie du roman. L’auteur nous narre la guerre et ses absurdités. Point besoin de mots crus. Juste des faits et des métaphores bien senties : Le génocide est une marée noire, ceux qui ne s’y sont pas noyés sont mazoutés à vie.
Je ne vous raconte pas la suite, peu de romans m’ont ému à ce point. Ses nombreuses récompenses ne peuvent que vous convaincre de vous le procurer rapidement : Prix Fnac, Goncourt des Lycéens et j’en passe.

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Je mets la note exceptionnelle de 4,5/5. Presque la perfection, je laisse le 5 pour quelques rares ouvrages de la littérature mondiale. Je vous conseille aussi d’écouter ses chansons…

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