Les chroniques de Laurent – Ahriman de Gwen Aël

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Aujourd’hui, il nous parle d’Arhiman de Gwen Aël qu’il qualifie d’ébouriffant !

Ahriman, Gwen Aël
Ahriman de Gwenn Aël est un thriller fantastique absolument ébouriffant, surprenant et la confirmation du talent d’une auteure de romans fantastiques …

Toulouse, avril 2010, tout s’emballe une certaine nuit, entre les caprices de la météo, des patients qui s’agitent fiévreusement dans une Unité pour Malades Difficiles et la découverte d’un cadavre dans une église de la ville Rose.
Pour le lieutenant Eliot Bénin, c’est le début d’un compte à rebours qui n’a pas fini de le plonger dans la plus grande incertitude …

Quand thriller rime avec fantastique, l’alchimie entre ces deux genres se doit d’être calibrée au millimètre près. Tous les éléments convergent vers des points de référence et une intrigue cohérente. La touche de mystère et de surnaturel participent à rendre une lecture des plus indécises afin de saisir tous les tenants et aboutissants d’une terrible tragédie… humaine.
Plus d’une fois, le lecteur s’en trouvera décontenancé par la tournure des événements, par la complexité de l’histoire, beaucoup de faits divers historiques et religieux viendront renforcer une certaine crédibilité, l’ésotérisme et les croyances populaires ne sont pas en reste, l’auteure démontre un réel savoir-faire en la matière.
Ahriman est déjà son sixième roman, les cinq premiers ayant été publiés chez l’éditeur belge Chloé des Lys, c’est aux éditions Lune Ecarlate Editions Collection Eclats de lune qu’il est publié .
Je remercie l’auteure pour sa confiance de découvrir son univers fantastique. Dans tous les sens du terme.
Pour apprécier un thriller flirtant avec la zone immédiate et grisante du fantastique, le mieux est de laisser une part de ses acquis et de son esprit cartésien ou rationnel le temps de cette lecture qui monte crescendo au fil des pages, rien ne vous sera épargné, des meurtres ritualisés, des pans du passé qui resurgissent sans crier gare, tout est écrit si on en croit certaines prophéties ou la destinée mais tout reste encore à déchiffrer, à comprendre comment une tempête diluvienne en vient à dévaster une ville qui n’avait rien demandé, ses habitants sont sous le choc, hystérique et déboussolés.
Et si tout ce qui découle ici-bas n’était pas le fruit du hasard ?
Cette atmosphère de fin de monde est tout simplement sidérante et imprégnante dans son réalisme, une plume qui sait mettre le lecteur dans tous ses états, une ambiance inquiétante et sourde qui n’a pas fini de nous noyer sous le déluge, de nous saisir d’effroi à la gorge avec cette lourdeur et cette oppressante tension, une qualité qui contraste fortement et se marie à merveille avec toutes les inconnues venant compléter une intrigue des plus intéressantes qui se dévoile progressivement.
Inutile d’anticiper tous les rouages qui animent un dessein obscur, rien de moins que le sort de l’humanité ça déménage même les plus coriaces de nature, la lutte du bien contre le mal est un concept religieux mais pas seulement, l’auteure pousse encore plus loin l’histoire pour nous faire remonter le temps et chercher des réponses à des questions existentielles, métaphysiques et philosophiques, tout un programme, un monde sépulcral issu des enfers de l’écriture Sainte, des scènes d’horreur alliées à l’étrangeté tangible qui vous glaceront le sang, les références bibliques n’en manquent pas, les légendes urbaines qui sont l’apanage des thrillers fantastiques laissent ici la place à celles qui restent encore aujourd’hui d’actualité, ces histoires de chaumière qui donnent froid dans le dos, la petite maison au fond des bois, la peur et l’incompréhension qui figent les esprits les plus sains, tous les maux d’antan n’ont pas dit leur derniers mots, le personnage principal ne cessera jamais de se remettre en question pour les besoins de l’enquête et nous avec, cette inconnue qui traverse la ville serait-elle le signe d’une annonciation apocalyptique ? La fin d’une ère révolue ?
Du fantastique, encore du fantastique …
La violence des hommes, la disparition de valeurs intrinsèques dans toutes les dimensions spirituelles et religieuses, la souffrance palpable de l’intolérance des serviteurs les plus vils de l’humanité, il n’en faut pas plus pour se plonger dans les abysses les plus profondes, saisir l’essence du mal pour comprendre la notion du bien ou réciproquement, comment en est-on arrivé à dissocier et à maintenir cette harmonie fragile qui cristallise cette équilibre, l’histoire de l’humanité regorge de récits les plus passionnants pour capter les enjeux, déterminer l’ambition qui est réservé à chacun, tout reste possible pour retourner des situations inextricables et presque insurmontables, un veritable page-turner qui se lit d’une traite, un univers passionnant dont les chapitres alternent différents points de vue, toujours dans cette logique qui défie son contraire, le surnaturel qui est très bien décrit pour accroître encore plus les arcanes du chaos et les révélations les plus inattendues, les tourments de l’âme humaine, les fondations même en sont ébranlés dans leur pures connaissances et convictions, des sectes qui croient détenir la vérité absolue, des énigmes occultes à résoudre, Eliot Bénin doit résoudre l’enquête de sa vie, à ses risques et périls, le danger est partout, la menace permante, la pression irrespirable, il devra puiser au plus profond de ses réserves et du peu de raison qu’il a encore su préserver, sera-t-il à la hauteur de la mission qui dépasse le cadre de son enquête ? Trouvera-t-il la solution pour éviter de sombrer et surtout Toulouse de se noyer définitivement dans les eaux de l’Enfer ?

« Je choisirai le paradis pour le climat et l’enfer pour la compagnie » (Mark Twain)

Des personnages secondaires ambigus mais toujours dans la perspective et le registre de l’intrigue, une enquête qui s’enlise, des suspects qui se multiplient, des courses effrénées et haletantes contre la montre, une histoire riche en rebondissements, toujours cette alternance présent-passé subtilement dosée, le lecteur n’a pas le temps de souffler, ni de se retourner que tout va s’enchaîner, un rythme impressionnant accompagné toujours par cette météo capricieuse qui participe grandement à agripper, à se déconnecter de son confort pour s’immerger complètement dans cette lecture addictive et hallucinante.
Sans parler du dénouement qui vous clouera, vous donnera peut-être toutes les clefs d’Ahriman … ou pas, un thriller fantastique qui m’a laissé sans voix avec un coup de théâtre troublant et surprenant !!!
Si vous aimez le thriller avec cette touche du fantastique qui s’accomode parfaitement avec, des situations très visuelles dans ses descriptions, si vous êtes prêts à vivre une odyssée extraordinaire se chevauchant avec des périodes parmi les plus sombres de l’humanité, si vous cherchez à lire une bonne histoire avec une intrigue se dévoilant comme des poupées russes Matriochska, de la magie à toutes les nuances possibles, décrypter des vieux parchemins indéchiffrables, des légendes à découvrir, les adeptes de la chasse aux trésor ne pas s’abstenir, Ahriman vous procurera certainement quelques belles heures de lecture endiablée à souhait …

« L’enfer est pavé de bonnes intentions » (Samuel Johnson)

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