Interview de Nicolas Koch, auteur de "Un fruit amer"

Interview de Nicolas Koch, auteur de "Un fruit amer"

Un fruit amer, roman noir, publié aux éditions de Saxus vient de sortir. Rencontre avec son auteur, Nicolas Koch que je connais bien, puisque j’ai déjà lu deux de ses excellents ouvrages, La science au secours de l’Histoire et Ahmès, scribe d’Egypte.

1) Bonjour Nicolas, depuis quand écris-tu, quel est ton parcours ?

Bonjour Mathias, et merci tout d’abord pour cette interview ! Alors je crois que j’ai toujours eu envie d’écrire depuis que je suis gamin, du moins raconter des histoires. Mais je n’imaginais pas pouvoir « écrire un livre » un jour ; du haut de ma dizaine d’années j’étais impressionné par ceux qui écrivaient des livres je crois. C’était un peu mystérieux en fait. Au fil du temps, avec les études, tout ceci glisse à côté, on n’y pense plus vraiment car on est accaparé à autre chose. Et puis, avec mon changement professionnel survenu il y a dix ans maintenant (j’étais archéologue auparavant, aujourd’hui reconverti dans l’édition), je me suis mis vraiment à l’écriture avec l’idée de produire des histoires. A l’adolescence, j’étais fasciné par l’œuvre de Jules Verne notamment. Mais j’ai découvert ensuite le thriller, avec des auteurs comme Maxime Chattam et Franck Thilliez ; il faut dire aussi que ma maman et ma tante sont de grandes lectrices, alors j’ai baigné aussi là-dedans !

2) Peux-tu nous parler en quelques mots de ton nouveau roman « Un fruit amer » ?

Je le qualifierais de roman noir, davantage que « thriller ». Il plonge le lecteur dans le sud des États-Unis en 1963, en pleine ségrégation raciale et mouvement des droits civiques. Dans un climat déjà tendu, le corps d’une jeune femme est découvert dans un petit comté de l’Alabama. Elle est la fille d’un riche entrepreneur, et membre du Ku Klux Klan. Bien vite, l’enquête menée par le shérif Miller et sa clique découvrent qu’elle avait un petit ami noir… Lequel devient le bouc émissaire de toute cette histoire. Et la haine va se déverser sur la communauté, alors qu’un petit journaliste et un agent du FBI enquêtent eux aussi sur cette sombre affaire. Quant au titre Un Fruit amer, il s’explique au fil des pages…

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3) Comment t’es venue l’idée de l’écrire ? Quels sont les grands thèmes abordés ?

Il est difficile parfois de retracer le moment exact de l’origine d’un livre, d’une idée. Je me souviens que l’idée a germé après la lecture d’un roman de Patrick Graham Des fauves et des hommes. Et puis les idées ont glisser vers l’Amérique post-Seconde Guerre mondiale. J’avais aussi envie d’explorer cette période particulière, où la frontière entre deux Amériques, celle du Nord et du Sud, est bien marquée (et elle l’est aujourd’hui encore d’une certaine manière). Le mouvement d’émancipation est le thème du livre, même si ce n’est pas un roman historique. Il s’agit d’une fiction dans un cadre historique particulier, mais les personnages et les lieux sont strictement imaginés. Je me suis bien sûr renseigné sur la période car il fallait que je puisse immerger le lecteur dans cette atmosphère lourde, pesante, ce climat d’hostilité, de haine, sans tomber toutefois dans la caricature et sans en faire aussi précisément un roman historique.

4) L’Histoire a été au cœur de tes précédents livres, est-ce le cas avec celui-là ?

Oui bien sûr, mais encore une fois, c’est une sorte de décor, de trame ; là elle est importante car elle définit aussi les réactions des personnages, c’est une période particulière de l’histoire américaine. Le risque était de tomber dans la caricature, en faisant de tous les Blancs des ségrégationnistes racistes, et de tous les Noirs des bons gentils. La réalité était plus contrastée que cela et il existait de gros désaccords de méthode d’action dans les mouvements des droits civiques, et c’est ce que j’ai essayé de retranscrire dans le roman.

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Pour les amateurs d’Histoire, un livre à lire absolument !

5) Depuis que tu écris, quelle a été ta plus grande satisfaction et ta plus grande déception ?

La plus grande satisfaction pour un auteur, c’est en premier je crois celle de terminer un manuscrit… Je pense que nous sommes beaucoup à avoir des bouts d’histoire qui traînent dans les tiroirs, des histoires pas terminées, abandonnées pour diverses raisons… Ensuite, c’est celle d’être édité, un parcours compliqué qui demande beaucoup de patience et semé d’embûches et de désillusions. Mais qui au final apporte cette satisfaction de voir son roman sur les étals des libraires, de recevoir des messages de félicitations de lecteurs… Tout ceci fait largement oublier les petits tracas !

6) As-tu un projet d’écriture en cours ?

Oui, j’ai repris le chemin de l’écriture, après une pause depuis l’édition du recueil Phobia en mars 2018. J’explore tout autre chose, d’autres genres, et qui n’aura rien à voir avec Un Fruit amer. Mais chut…

7) Quels conseils aimerais-tu donner à celles et ceux qui veulent se lancer dans l’écriture ?

Le premier serait de ne pas se mettre de frein dans ce qu’on a envie d’écrire. Pas de barrières dans l’écriture, il faut écrire ce qu’on a envie d’abord, c’est la première motivation. Il ne faut pas avoir peur d’abandonner en route si l’on sent que notre histoire ne colle pas, ou ne mène pas là où on l’aurait souhaité : il est inutile de forcer sur des personnages, des situations. Si ça ne va pas, il faut arrêter. Peut-être juste faire une pause, puis reprendre avec un œil nouveau quelque temps plus tard, voilà pourquoi on doit toujours garder quelque part ses écrits et ne rien jeter. Cela fait partie du jeu, et c’est formateur dans un sens. Et avant de se lancer dans un roman, pourquoi pas s’essayer sur des nouvelles ? Ce sont des formats courts mais assez exigeants, car toute l’histoire, tout ce qu’on a envie de dire doit tenir en quelques pages et non quelques centaines, cela oblige à une certaine concision. Hormis un genre à part entière mais assez peu reconnu en France contrairement au monde anglo-saxon, c’est aussi un excellent exercice d’écriture.

Sinon, il est vital absolument de se faire lire par les autres, non pas des amis qui seront sans doute trop gentils, mais des personnes qui n’auront pas peur de pointer les soucis, les erreurs, les problèmes de style, etc. Cela peut faire mal mais c’est un mal nécessaire car on n’a pas forcément conscience de ses faiblesses (ou de ses atouts d’ailleurs ! Il est bien aussi que le lecteur puisse dire : là, c’est très bien écrit !), de ses tics d’écriture, des répétitions, etc. Un retour de lecture avec juste « oui, c’est bien, ça m’a plu », ce n’est pas suffisant pour un auteur qui cherche un avis plus développé. Une autre astuce est celle de la lecture à haute voix : lire son propre texte à haute voix peut paraître ridicule, mais cela permet tout de suite de sentir là où ça croche, alors qu’on n’en aurait pas conscience avec une simple lecture silencieuse.

Être seul face à son texte est la première erreur dans l’écriture, notamment lorsqu’on débute. J’ai fait partie de comités de lecture d’éditeurs, et l’on sent tout de suite les manuscrits qui n’ont pas été suffisamment relus, ou qui n’ont pas été lus tout simplement par des tierces personnes, sans parler de l’orthographe, mais bien du fond, de la narration, de l’intrigue. Et c’est se mettre ainsi un très gros frein dans le parcours éditorial, sachant que 98 % des manuscrits sont refusés par les maisons.

Merci à Nicolas. N’hésitez donc pas à vous procurer son ouvrage dans les plus brefs délais. Ses conseils valent également de l’or. Vous pouvez faire appel à lui pour qu’il corrige vos manuscrits. Je peux vous certifier (c’est le correcteur de mon précédent roman) que c’est un grand professionnel…

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Twitter : @NicolasKoch76

Instagram : @nicolask03

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