Addie "Je veux fédérer les gens"

Il suffit de l’écouter jouer du piano et chanter pour se laisser emporter. Sa voix grave et mélodieuse, ses mots choisis font d’Addie un talent dans la lignée des grands chanteurs-euses français à texte. Elle a bien voulu répondre à nos questions…

 
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1) Tout d’abord, bonjour Addie, depuis quand chantes-tu ? Quel est ton parcours ?

Bonjour, je chante depuis moins de dix ans. J’ai démarré le piano petite fille, en
formation classique, puis j’ai commencé à composer à la fin de l’adolescence, pour ne plus me consacrer qu’à la composition.

 

2) Qu’aimes-tu chanter ? Quelles sont tes influences, des chanteurs, chanteuses de référence ?

Je chante uniquement mes compositions, cela prend déjà plus de temps qu’on ne peut imaginer. C’est un travail de fourmi, car le piano et la voix sont totalement fusionnels. Quant à mes influences, je peux vous dire qui m’a profondément marquée.

Bach, Scarlatti, Kate Bush, Björk, Barbara, Brel, Tori Amos.

Ceci dit, je cesse d’écouter de la musique lorsque je compose.

3) Écris-tu tes paroles et ta musique ? D’où te vient ton inspiration ? Y a-t-il des gens qui t’entourent professionnellement ?

Oui, je suis auteur, compositeur interprète, et travaille très étroitement avec le poète et ami Nicolas ROBERT, mon co-auteur. Mon inspiration vient, mais ne me prévient pas, je crois. Elle me vient essentiellement des autres, de ce que leur intérieur provoque chez moi.
Oui, je suis entourée d’une équipe qui ressemble à ma musique, ce que je cherchais. Ils défendent cette idée essentielle : le style musical importe-t’il vraiment à partir du moment où le public est touché ? Nous tentons ensemble de désintégrer cette barrière mentale du milieu musical en majorité.

 
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4) Quels sont les grands thèmes abordés dans tes chansons ? Quels messages veux-tu transmettre au public ?

Les thèmes sont ceux de nos vies. Sans vendre de rêve. Pas de fard, d’enrobage pour parler de la misère ou de la difficulté de l’être humain à trouver sa place en tant qu’être aimant ou aimé, de la douceur qu’on doit pouvoir trouver même dans les situations les plus difficiles. Plus qu’un message, il s’agit pour moi de fédérer les gens les uns aux autres, avec les autres, non plus contre. Leur dire qu’on porte tous un fardeau (plus ou moins complexe à partager), parfois simplement notre vision d’un monde devenu très difficile à vivre, dans lequel pourtant la fragilité devrait récupérer sa place, en tant qu’atout majeur dans le lien aux autres.
L’idée de ce long travail musical que je tente de tisser comme une toile précise, est de proposer, jamais imposer, à chaque personne du public des sensations. Certains parlent de tableaux, d’images, d’ambiance cinématographique, y prennent ce qui résonne chez eux.
Il est par conséquent évident, que je ne créerai jamais de personnage sur scène, aucun filtre ne doit s’interposer entre la musique au piano voix que je propose et ceux qui sont en face de moi. « Soyez fragiles, vulnérables… moi aussi. »

C’est ce que je tente de leur remettre entre les mains.

5) As-tu déjà un album sur le marché ? Où peut-on se le procurer ?

Oui, le premier album intitulé « Leitmotiv », enregistré au Studio Sequenza (Montreuil). Actuellement en préparation la sortie de l’album « Addie, live à La Maison des Artistes », créée par André Manoukian. Dix titres live dont un morceau inédit qui sort le 4 mai sur internet, intitulé « Orage pourpre ».

 

6) Y a-t-il des choses qui t’ont surprise en bien ou en mal dans le milieu artistique ? Des satisfactions, meilleurs souvenirs, des déceptions ou des difficultés particulières ?

La liste est très longue.
Pour ce qui, je pense, freine le développement d’artistes émergents, il y a de nombreuses failles qui nous coupent le souffle tous les jours.
Tout d’abord, un manque cruel de moyens, ce qui permet ne pas accuser gratuitement les programmateurs, car il faut en tenir compte, la suppression drastique de subventions au niveau de la Culture est une catastrophe. Par conséquent, les salaires des musiciens se voient amputés par deux, trois, voire quatre. Cette réalité empêche parfois de déclarer un musicien, même au tarif minimum.
La surinformation dont nous sommes tous victimes sur internet nous sature, artistes et programmateurs, ainsi que le temps à tous de se poser calmement pour écouter, dialoguer…
Je fais partie de ceux qui paient pour travailler, contrairement à ce que peut imaginer la majorité des gens. Déplacements, repas, autoproduction, matériel… la liste est trop longue. La disparité, énorme fossé même, entre les têtes d’affiche et les émergents est aujourd’hui honteuse. En terme de salaire, et d’espace de communication évidemment.
Plus personnellement, étant pianiste chanteuse, il est très difficile de trouver des lieux (théâtre, salles de concert) équipés de piano.
Enfin, la nouvelle gestion de nombreuses salles proposant aux artistes de « louer » pour « jouer » prend parfois des proportions que je n’aurais jamais imaginées. 1000, 2000 euros la soirée pour louer une petite salle de concert que nous devons nous-mêmes remplir. La réalité, comme partout ailleurs dans le monde ceci dit, dépasse la fiction. Reflet de notre monde : déshumanisation, désintérêt, indifférence. Alors il va falloir beaucoup de douceur si on souhaite inverser la tendance.
De bons souvenirs, bien sûr… les échanges intenses avec le public pendant et après les concerts, ceux qui se livrent après avoir écouté cette musique, parce que ça leur fait du bien, ça résonne en eux. On en parle. On comprend. L’empathie prend tout son sens. Le souvenir de ceux qui disent « vous m’avez fait du bien ». Ça émeut et on reste silencieux face à ce compliment.

 

7) Quels sont les lieux où l’on t’entend chanter ? Des dates de tournées ?

Des théâtres, des festivals, des concerts privés, des salles de concerts diverses et variées, dans toute la France.
Nous préparons actuellement l’organisation d’une tournée, les dates seront communiquées, bien sûr.

8) As-tu des projets de nouvelles chansons ?

Absolument, je compose de manière permanente. Aujourd’hui sort un titre inédit en live sur Youtube, ‘Orage pourpre’. Un piano voix.
Les compositions en cours ou terminées seront à fixer sur un prochain opus, à enregistrer prochainement.

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9) As-tu d’autres projets ou passions ?
La fin de la guerre ? des guerres, quelles qu’elles soient 🙂
 

10) L’association Plein de Talent a pour but de promouvoir des talents, quels conseils donneriez-vous à toutes celles et ceux qui veulent se lancer dans l’aventure de la chanson et le milieu musical ?

Le premier, être parfaitement bien entouré, d’une équipe qui aime et comprend votre travail et démarche artistiques. Qui vous soutient contre vents et marées. Savoir aussi avant si on veut « faire de l’argent », ou « créer avant tout pour partager ». Ce sont deux mondes différents dans la musique. Bien savoir à qui on s’adresse et trouver ceux qui nous « ressemblent » … et « rassemblent » ?!
Je vous souhaite une belle route et vous félicite pour votre engagement dans la promotion d’artistes. Nous avons aussi besoin de vous. C’est sûrement ce qui est le plus joli dans tout ça.

Merci à Addie pour cette interview et surtout n’hésitez pas à vous abonner à sa chaîne You Tube, aimer sa page Facebook, sur Bandcamp ou Deezer

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